dimanche 22 novembre 2015

L'ERADICATION DE DAECH

A l'heure où les attentats de Paris se déroulaient le 13 novembre, sur France 2, imperturbablement se déroulait l'émission "Ce soir ou jamais" consacrée à la lutte contre le changement climatique.

Une semaine plus tard, le vendredi 20 novembre 2015, l'émission traitait des réponses à apporter aux attentats. D'une part, à l'extérieur et d'autre part, à l'intérieur.

Revoir l'émission : http://www.france2.fr/emissions/ce-soir-ou-jamais/videos/consequences_politiques_et_militaires_des_attentats_du_13_novembre_20-11-2015_988268

Jean-Yves le Drian, Ministre de la défense, invité du Grand Rendez-vous sur Europe1, ce dimanche 22 novembre 2015, ne laissait aucun doute sur les intentions de la France en déclarant : "  Contre qui fait-on la guerre précisément ? "C'est la première fois que nous sommes confrontés à une ennemi à deux têtes. L'Etat islamique, c'est d'abord cet Etat apocalyptique, terroriste, en construction, avec une armée, qui perçoit un impôt, une administration, qui veut étendre son territoire. Et il y a d'autre part un mouvement terroriste international, émanation de l'Etat islamique, et qui veut frapper le monde occidental. Il y a deux dimensions et donc deux guerres différentes dans une seule guerre. Il y a la guerre de l'ombre. Il faut traquer les terroristes. Et en même temps, il faut frapper au cœur, dans le champs de bataille, au Levant, pour anéantir cet Etat. C'est une guerre hybride mondiale"..

Revoir l'émission : http://www.europe1.fr/international/syrie-le-charles-de-gaulle-pleinement-operationnel-lundi-2624053



L'éradication de l'Etat Islamique est donc le but affiché. Cette objectif peut être atteint pour les 5 raisons suivantes.

1) Une coalition militaire plus large et plus efficace.

L'intervention de la Russie aux côtés des Etats-Unis et de la France et plus généralement de la Coalition composée de 65 ans modifie la donne militaire depuis que la Russie a été convaincu que son avion de ligne a été abattue par Daech qui a posé une bombe a bord. L'efficacité militaire s'en trouve augmentée car il s'agit également de détruire les ressources de ce proto-Etat en le privant de la rentre pétrolière (la Russie fait bombarder les pipelines et les camions citernes). La France envoie le Charles-de-Gaulle pour augmenter le nombre de bombardiers en action et sa puissance de frappe sur le territoire de l'EI. 

2) Un renseignement militaire mieux coordonné.

Depuis le 13 novembre, les Etats-Unis mettent à disposition de la France des renseignements plus nombreux sur les menaces d'attentats et les réseaux djihadistes. L'Union européenne,elle-même, a pris conscience de ses lacunes et faiblesses suite au fait que plusieurs terroristes se sont jouées allègrement des frontières de l'UE en multipliant les allers et retours avec la Syrie. Les informations s'avérant plus précises, les cibles sont plus faciles à déterminer et comportent plus de chances de les atteindre avec précision.

3) Les ressources financières asséchées. 

La connaissance des réseaux financiers qui financent Daech s'améliorent. Si une partie de ses ressources vient de l'impôt révolutionnaire prélevé sur les populations ainsi que l'argent des rançons, une partie est liée à la City et aux banques et agents complices à des fins spéculatives. Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, répondant à la question du député François Asensi, à l'Assemblée Nationale, le 18 novembre 2015, a indiqué : " S’agissant de l’accusation de financement du terrorisme portée contre certains pays du Golfe, nos services, à la demande du Premier ministre et à la mienne, ont procédé aux vérifications nécessaires et les éléments dont nous disposons – je l’ai dit il y a quelque temps – ne nous permettent pas de porter des accusations contre les gouvernements de ces pays. Nous avons en revanche toujours dit que si, à l’avenir, des éléments montraient l’inverse, il est évident que nous changerions nos relations du tout au tout. Je veux le réaffirmer ici solennellement : il ne saurait y avoir et il n’y aura pas la moindre complaisance à l’égard de gouvernements qui aideraient financièrement les terroristes."  Cependant, selon le Huffington Post, Michael Stephens, directeur du Royal United Services Institute, au Qatar, a récemment déclaré à la BBC " qu’à la différence des donateurs qui financent directement l’Etat islamique, les Etats du Golfe soutiennent d’autres groupes, comme le front al-Nosra, Liwa al-Tawhid, Ahrar al-Sham et Jaish al-Isla. Cependant, des militants de ces groupes armés se sont alliés à l’Etat islamique ces derniers mois, et certains ont même rejoint l’organisation — ce qui signifie que l’argent des pays du Golfe parvient indirectement à l’Etat islamique. Pourtant, Stephens a ajouté que ces donations ne représentaient plus qu’un pourcentage infime du financement de l’organisation terroriste."  Ces réseaux de financement mieux connus peuvent voir leur rôle diminuer au moyen d'une responsabilité des acteurs. 

4) Le rôle déterminant de l'Iran.

Déjà, en novembre 2014, l’intellectuel renommé américain, Noam Chomsky, critiquait  Washington pour n’avoir pas coopéré avec l’Iran dans la lutte contre les terroristes de Daech.
« Si Téhéran avait fait partie de la Coalition internationale anti-Daech, elle aurait éradiqué Daech en un clin d’œil », soulignait-il. L'accord signé l'été dernier avec l'Iran visant à limiter ses ambitions nucléaires contre la levée des sanctions permet à ce grand Etat chiite de reprendre pied sur la scène diplomatique et de s'affirmer contre le grand rival de l'Arabie Saoudite. Mais surtout le contrôle du Hezbollah engagé aux côtés de Bachar El Assad lui confère une carte maîtresse dans la résolution du conflit syrien.

5) "Même pas peur"

Ce slogan repris par les parisiens lors de manifestations publiques attestent que Daech ne parviendra pas à faire changer les Français de leurs habitudes consistant à célébrer la vie sous toutes ses formes, loin de de l'idéologie de mort véhiculée par Daech. Les terrasses des cafés verront à nouveau les amoureux s'embrasser et les salles de concert se remplir de fans venus applaudir la star du moment. 

En s'attaquant à Paris, les terroristes du 13 septembre ne se sont pas attaqués seulement à la capitale de la France, mais au monde entier, tant Paris est la capitale romantique enviée et célébrée partout. 

Conclusion humoristique 

Nicolas Canteloup dans sa revue de presse du 16 novembre manie l'humour avec gravité et justesse ; http://www.europe1.fr/medias-tele/nicolas-canteloup-sa-chronique-saluee-par-les-auditeurs-emus-2621081





dimanche 8 novembre 2015

ILS NE VIVENT PAS DANS LE MEME MONDE

1. Le montant du SMIC. 

Lors de l'émission ONPC  (On N'est Pas Couché), diffusée le samedi 7 novembre, Yann Moix a interrogé opération Benjamin Castaldi sur le montant du salaire minimum. La réponse fut évasive, car l'animateur a estimé qu'il était « aux alentours de 1 800 euros net, un truc comme ça ». .

Suite aux huées du public, à priori, plus instruit que ce sujet que l'ex-présentateur de Love Story, la chroniqueuse, Léa Salamé, a afirmé que le SMIC avoisinait les 1 500 euros net par mois. Sauf que la chroniqueuse s'est là aussi trompée. En définitive, Patrick Kanner, Ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, invité à cette émission, a été en mesure d'apporter la précision attendue en le fixant à 1 137 euros net. Bonne réponse, puisque, selon l'Insee, en septembre 2015 le montant net mensuel du smic était évalué à 1 135 euros.

Selon l'INSEE, le taux horaire était de 9,61€ et le montant brut du SMIC de 1457,52€ au 31 décembre 2014.pour 151,57 heures travaillées dans le mois.  http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?ref_id=natnon04145

Selon les estimations du Ministère du travail, 3,1 millions de  salariés, soit  13% de l'ensemble des salariés étaient rémunérés au SMIC, au 1er janvier 2013. 

L'argent étalon de nos vies. 

Naturellement, Benjamin Castaldi, comme Léa Salamé, perçoivent une rémunération supérieure au SMIC, de sorte qu'il s'agit d'un concept abstrait qui n'organise pas leur vie quotidienne. C'est bien notre rapport à l'argent qui fondent nos vies et fixent souvent nos limités à nos actions. 

Es-ce que l'on est riche à partir de 4000€ par mois, comme l'affirmait François Hollande en 2007, confessant qu'il n'aimait pas les riches ?  

L'argent gagné a t-il la même valeur que l'argent issu des revenus des placements ? On se souvient que l'ancien Président de la République, François Mitterrand, fustigeait les Français qui s'enrichissent en s'endormant. 

Un sou est un sou disait ma grand-mère qui n'ayant jamais travaillée a souffert toute sa vie de devoir dépendre financièrement de son mari. 

Les Français, conscients que les frais bancaires ne cessent d'augmenter, se dirigent vers un compte à bas coût, comme le compte nickel distribué dans les bureaux de tabac. https://compte-nickel.fr/

Sans découvert autorisé, ni prêt, ce compte ne permet que de dépenser l'argent que l'on possède. Aucun risque d'être saisi par le démon des jeux d'argent, comme Thomas Fabius, fils du ministre français des Affaires étrangères, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt aux Etats-Unis pour une folle nuit à Las Vegas, en mai 2012, durant laquelle il a distribué aux casinos des chèques impayés d'un montant totalisant  3,5 millions de dollars ...






mercredi 21 octobre 2015

TANGAGE AU GROUPE L'EXPRESS: CHRISTOPHE BARBIER S'ACCROCHE A LA BARRE.

Les faits. 
Les journalistes de L'Express, le 13 octobre 2015,  115 journalistes contre 85 ont adopté mardi une motion de défiance contre le nouvel actionnaire du groupe, Patrick Drahi, et le directeur des rédactions,Christophe Barbier, pour protester contre un plan social qui vise 125 salariés. Une autre motion ne visant que les nouveaux actionnaires a recueilli une plus forte majorité de 175 voix. 
De plus, deux grandes signatures  de L'Express ont annoncé leur départ du groupe en désaccord avec le nouvel actionnaire : Renaud Revel, un des rédacteurs en chef, spécialiste des médias, et François Busnel, directeur de la rédaction du magazine Lire et éditorialiste à l'hebdomadaire L'Express qui présente, également, l'émission la Grande Libraire sur France 5.
Le poids de l'actionnaire.
Mardi 9 juin, la filiale française du groupe Atlice Média, dirigé par l'homme d'affaires Patrick Drahi, troisième fortune de France, basée au Luxembourg, a officiellement acquis le newsmagazine fondé en 1953 par Françoise Giroud et Jean-Jacques Servan-Schreiber, ainsi qu’une quinzaine d’autres titres (L’Etudiant, L’Expansion…), pour une somme estimée entre 50 et 70 millions d’euros, versée au précédent propriétaire, l’éditeur belge Roularta.

C'est pour faire face à une perte de 4 millions d’euros cette année (sur environ 170 millions d’euros de chiffre d’affaires), et plus de 10 millions en ajoutant le coût de la clause de cession, dont 115 journalistes ont choisi de bénéficier à ce jour qu'un plan social de sauvegarde de l'emploi de 125 postes dont 19 journalistes a été décidé par l'actionnaire. 
s’accompagnent d’une externalisation d’une grande partie des « fonctions support ».

La financiarisation de l'économie. 

C'est à un jeu de Monopoly que joue Patrick Drahi, l'homme d'affaires franco-israëlien, accumulant les acquisitions dans les télécoms (SFR-Numéricable) et les médias, au moyen d'un endettement élevé, stratégie qui rappelle un certains Bernard Tapie, et quelques autres flibustiers de la finance. 

En se maintenant , malgré la motion de défiance, Christophe Barbier assume un rôle de schizophrène en refusant de choisir entre l'actionnaire et les journalistes. Et pourtant il faudra procéder à la révolution numérique et stratégique pour que l'Express retrouve les lecteurs perdus, mais cela ne suffira pas si l'âme se perd dans les méandres de la finance.

Une morale élastique. 

Il est loin l'Express de Françoise Giroud et de Jean-Jacques Schreiber qui défendait ces idées de Gauche, du progrès, de la décolonisation et de l'émancipation de la femme. La politique française est devenue complexe et illisible et les unes partisanes en faveur de Nicolas Sarkozy en 2007-2008 ont irrité plus d'un électeur pour après critiqué ce Chef de l'Etat que l'on avait porté au pinacle. Signe d'une presse versatile dont les feuilles du journal durent bien moins que celle des arbres ... 

L'Express à la croisée des chemins avec un capitaine qui s'accroche, un navire dont les marins doutent et certains quittent le navire et des écueils à l'horizon. A suivre... 






dimanche 11 octobre 2015

L'EUROPE RACONTEE AUX ENFANTS

Dis maman c'est quoi l'Europe ? 

Que répondre ? Des pays qui s'unissent pour ne plus faire la guerre ? Un partage des souverainetés nationales ? Pour concurrencer, les Etats-Unis, la Chine et l'Inde  ? Pour que tu puisses déguster des spécialités européennes et voyager librement  ? 

Plusieurs sites présentent les grandes lignes de la construction européenne. 

Pour les enseignants. 

A l'attention des élèves du secondaire et du primaire on pourra regarder ces brochures thématiques https://www.cr-champagne-ardenne.fr/Actions/europe_international/Information_europe/Documents/kids_corner/europe_enfants_jeunes.pdf

Les fiches enseignant du Mouvement européen : http://www.mouvement-europeen.eu/wp-content/uploads/2011/11/Fiche-enseignant-Fiche-introductive-sur-lUnion-europ%C3%A9enne.pdf

France tv. Un site qui présente l'Europe sous un angle ludique. 7-11 ans 12 ans et plus. Il comporte un espace enseignant : http://education.francetv.fr/education-jeux/europe/europe.swf

Pour les enfants 

L’Union Européenne
Jeux et animations pour partir à la découverte de l'Europe à partir de 6 ans. Un espace enseignant propose aussi des fiches pédagogiques, des ressources audiovisuelles, des références bibliographiques, etc.
http://www.curiosphere.tv/europe/
Europa Go !
Apprendre l’Europe en s’amusant.
http://europa.eu/europago/welcome.jsp
Mon cahier d’Europe
Un site du ministère de l'Education nationale destiné aux enfants de 7 à 15 ans. Il propose des activités ludiques sur les pays de l’Union européenne. Les exercices s'appuient sur les programmes du primaire et du collège.
http://www.moncahierdeurope.education.fr/
Europe mon foyer
Il s’agit d’une ressource d’enseignement en français conçue pour les élèves et leurs enseignants. Elle a été imaginée par les représentants de la Commission européenne.
http://ec.europa.eu/belgium/publications/education/index_fr.htm

La tête à modeler. Intéressant car l'Europe élargie à la culture et aux traditions : http://www.teteamodeler.com/dossier/europe/europe.asp

Jeux et quizz sur l'Europe : http://europa.eu/kids-corner/index_fr.htm Clair et ludique. Exeple le taquin de l'Europe. Le bureau d'information de la Commission européenne de Marseille.


Site de l'Agence européenne pour l'environnement. Les éco-agents. 
Jouer et apprendre avec les éco-agents . Bandes dessinées et quiz en ligne pour apprendre les questions clés sur la protection de l'environnement et le changement climatique - Explorez le nouveau site didactique de l'AEE pour les enfants!

Déconseillé 

L'article sur wikimini est trop formel et risque de lasser vite un jeune lecteur : http://fr.wikimini.org/wiki/Union_europ%C3%A9enne


Des listes de sites à noter recensés par : 

le Yvelines Information Jeunesse : http://www.yij78.org/europe/l-europe-expliquee-aux-enfants/europe/l-europe-expliquee-aux-enfants/article/les-sites-internet-specialises. 

la Maison de l'Europe de Paris. 
http://www.paris-europe.eu/0031-Europe-Direct/2-L-Europe-pour-les-enfants.htm

l'Académie de Versailles. Très complet et selon les âge 6-14 ans et 14-18 ans et les liens sont apparents.http://www.ac-versailles.fr/public/jcms/p1_154070/dossiers-fiches-dactivites-jeux-et-animations-pour-tous-les-ages

Le Bureau belge du Parlement européen propose plusieurs brochures pas limitée à l'Assemblée parlementaire européenne : http://www.europarl.be/fr/vous_informer_sur_europe/brochures_posters.html

Naturellement, pour les adultes, il existe l'Europe racontée aux enfants, mais cela est une autre histoire ! 

dimanche 4 octobre 2015

L'EFFACEMENT DE LA DETTE INJUSTE DE PAYS SURDENDETTES SE HEURTE AUX TEXTES EUROPEENS

Dans un arrêt du 30 septembre 2015, le Tribunal de l'Union européenne a donné raison à la Commission européenne en jugeant que l'initiative citoyenne européenne visant à permettre l'effacement de la dette publique onéreuse des pays en état de nécessité, tels que la Grèce, ne peut être enregistrée. 

Le texte de l'arrêt. 

http://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf;jsessionid=9ea7d2dc30dd92d8459b0a4542b3b84099940e81405e.e34KaxiLc3qMb40Rch0SaxuRaNj0?text=&docid=168881&pageIndex=0&doclang=fr&mode=req&dir=&occ=first&part=1&cid=477
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La demande de M Alexios Anagnostakis : http://alineabyluxia.fr/eu/jp/2012/10/11/JOC_2012_399_R_0024_02

1. Les raisons juridiques du rejet de la demande.

 La Commission européenne, le 6 septembre 2012, a rejeté la demande d’enregistrement de l’initiative citoyenne intitulée "UN MILLION DE SIGNATURES POUR UNE EUROPE SOLIDAIRE". 


Rappelons la définition de l'initiative citoyenne (ICE) introduite par le traité de Lisbonne: une initiative présentée à la Commission conformément aux termes de l’article 2, paragraphe 1, du règlement (UE) n° 211/2011 du Parlement européen et du Conseil, du 16 février 2011, relatif à l’initiative citoyenne (JO L 65, p. 1), adopté sur le fondement de l’article 24, premier alinéa, TFUE.

Elle a pour objet d'inviter celle-ci à soumettre, dans le cadre de ses attributions, une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles des citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application des traités, et ayant recueilli le soutien d’au moins un million de signataires admissibles provenant d’au moins un quart de l’ensemble des États membres. 

L'objet de l'initiative est de consacrer dans la législation de l’Union européenne le « principe de l’état de nécessité, selon lequel, lorsque l’existence financière et politique d’un État est menacée du fait du remboursement d’une dette odieuse, le refus de paiement de cette dette est nécessaire et justifié ». La proposition d’ICE se réfère à la « politique économique et monétaire (articles 119 [TFUE] à 144 TFUE) » comme fondement juridique de son adoption.

Par décision du 6 septembre 2012, la Commission a refusé d’enregistrer la proposition d’ICE au motif qu’elle ne relevait manifestement pas des attributions lui permettant de soumettre une proposition d’adoption d’un acte juridique de l’Union aux fins de l’application des traités.

En pratique, le  principe de l’état de nécessité justifierait le refus par un État d’honorer le remboursement de sa dette publique lorsque son existence financière et politique est menacée du fait d’un tel remboursement.

Le tribunal de l'UE réfute tous les arguments développés par le requérant en considérant qu'aucun des textes invoqués n'est pertinent (ni au titre de la solidarité financière due aux Etats membres qui risquent de connaître ou connaissent de graves problèmes de financement, ni dans le cadre de la solidarité financière liée à la survenance d'événements exceptionnels qui se traduit par une aide ponctuelle et structurelle). 

Cette voie juridique est donc fermée. En existe t-il une autre ? 

2. Les problèmes politiques que posent cette demande.

Il est clair que cette revendication venant d'un citoyen grec dont, en 2015, la dette publique de son pays est égale à 2 fois sont PIB, pose un problème politique d'envergure. 

Comment définir la notion de dette odieuse ? 

L’utilisation des concepts incorporés par la doctrine de la dette odieuse apparaît à la fin du 19ème siècle lors de la décolonisation de l’Amérique Latine. 

Selon Wikipédia : " La dette odieuse résulte d'une jurisprudence avancée par certains auteurs en matière de droit international relative à une dette contractée par un régime, et qui sert à financer des actions contre l'intérêt des citoyens de l'État et dont les créanciers avaient connaissance. On parle aussi de « dette odieuse » lorsqu'elle a été contractée par une dictature et qu'elle doit être remboursée lors de la transition démocratique.
Dans cette optique, ces dettes sont considérées comme des dettes du régime qui les a contractées, et non pas de l'État en entier." 

Le terme employée renvoie à une dette illégitime.  La notion d’illégitimité d’une dette constitue d’abord une appréciation morale ou politique : elle n’a pas à proprement parler de définition en droit. Elle a été utilisée pour la première fois par une instance officielle en 2000, dans la sentence rendue par la cour fédérale argentine pour qualifier la dette contractée par le régime dictatorial de 1976 à 1983. Plus récemment, le gouvernement norvégien a utilisé le terme pour renoncer au remboursement de certaines de ses créances. 

Au niveau de l'UE, cette notion signifie t-elle que la constitution de la dette a été imposée par des créanciers européens (BCE, Commission européen) ou un créancier international (FMI) par des mesures qui ont été inappropriées et n'ont pas permis de relancer la croissance de l'économie grecque ? Faut-il se référer à un montant du de la dette en tant que telle (quand elle dépasse 150% du PIB, par exemple) et qu'à partir de cette somme elle est considérée comme non soutenable ? Il faudrait une soixantaine d'années pour rembourser la dette grecque à ce jour. S'agit-il de la nature des créanciers 

3. Vers une prise en compte politique de cette notion ?

Annuler tout ou partie des 320 milliards d’euros de dette grecque, « c’est possible, explique l’économiste Xavier Timbeau, en janvier 2015 dans un interview au quotidien La Croix, à condition, évidemment, que les créanciers l’acceptent ». Actuellement, 70 à 80 % des titres grecs sont entre des mains publiques (lire les Repères p. 3). Le secteur privé (banques, assurances, fonds) avait renoncé dès 2012 à 107 milliards d’euros de remboursement (soit une décote supérieure à 50 %).

Il est vraisemblable que cette solution radicale sera refusée mais qu'une annulation partielle ou un rééchelonnement supportable peut être envisagé. 

 En 2012, les créanciers de la Grèce s’étaient engagés à rediscuter de la dette grecque en profondeur dès que le pays aurait un budget en excédent primaire (c'est-à-dire que ses recettes seraient supérieures à ses dépenses, frais financiers mis à part). La Grèce a passé ce cap là en janvier 2014, mais aucune discussion n’a eu lieu.

Lors de l'élection du nouveau gouvernement d'Alexis Tsipras, le 25 janvier 2015, le programme du futur Premier Ministre comportait la demande d'une annulation partielle de la dette grecque jugée comme insoutenable atteignant à l'époque 175% du PIB. 

Dominique Strauss-Kahn, ancien Directeur Général du FMI, fin juin 2015, a proposé d’arrêter tout financement européen à l’égard de la Grèce, ainsi qu’une réduction de la dette nominale grecque et de procéder à un allongement de sa maturité. Autrement dit, il s’agit d’étaler son remboursement dans le temps.

De nombreuses voix de la part d'économistes ou d'hommes politiques se font entendre pour obtenir cette remise en cause de la dette et l'on sait que cette a fait l'objet de la négociation très tendue avec les créanciers de la Grèce, à Bruxelles. Il a été acté que cette question serait traitée après que la Grèce ait appliqué le plan de réformes drastiques de juillet 2015, mais quand ?

Le précédent allemand en 1953 plaide en faveur d'une solution humaine et généreuse vis à vis d'un peuple qui a beaucoup souffert de l'austérité. Mais, cela demande de la part de l'Allemagne, de pays nordiques et de certains PECO de ne pas se limiter à l'application drastique des accord signés.  

Conclusion.

Le résultat d'un refus d'un geste significatif est que l'opinion publique grecque est remontée à l'égard de l'Allemagne et de la Troïka (dite les Institutions désormais). Cela laisse des traces durables dans l'esprit des peuples et remet en cause le principe de solidarité qui doit organiser la vie des Etats de l'UE, conçu comme un ensemble dans la mondialisation. 



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dimanche 20 septembre 2015

FAIRE RECULER LE FRONT NATIONAL IMPLIQUE DE REUNIR 3 CONDITIONS

Les succès électoraux du Front National lors des élections municipales et départementales et l'annonce de la victoire de Marine Le Pen lors des élections régionales laissent penser que la progression de ce parti est inexorable.

Un recul du Front National n'est possible que si l'économie française est capable de recréer des emplois et de faire baisser durablement le chômage qui atteint des sommets avec plus de 5 millions de demandeurs d'emplois dont 3,5 millions de catégorie A sans compter nos compatriotes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ce qui conduit à exclure partiellement ou totalement de la société de consommation plus de 8 millions de Français. On pourrait même soutenir que la progression du Parti de Marine Le Pen est corrélée à celle de la courbe du chômage. 

Cette exclusion sociale est synonyme de déceptions, de baisse de l'estime de soi et de renoncements en tous genre qui conduisent à choisir les solutions simplistes surtout si l'explication est toute trouvée avec la désignation d'un bouc émissaire. 

La seconde condition est un travail sur la lutte contre les inégalités qui ne cessent de s'accroître qui est à l'origine de la juxtaposition de différents milieux sociaux qui se côtoient mais s'ignore ou se jalousent. Un travail sur l'écart entre la rémunération la plus basse et la plus élevée est à faire, alors qu'il s'agissait d'une promesse du candidat François Hollande. Une société où les écarts se réduisent est une société qui favorisent la cohésion sociale entre ses membres. Une retraite chapeau de 14 millions d'€ versée à Michel Combes ancien PDG d'Alcatel Lucent est-elle acceptable sans omettre le parachute de bien venue à Numéricable ?

Enfin, il faut déconstruire le discours "anti-étrangers" et anti immigration qui constitue l'un des fondamentaux du Front National depuis sa création en 1972. Il faut rappeler que la France est le produit de plusieurs vagues d'immigration et que c'est l'honneur de la France de travailler à l'accueil de l'Autre quelque soit sa race, sa religion, son sexe ou sa nationalité, à la condition qu'il respecte les lois du pays d'accueil. Les fantasmes liés à une quelconque vague migratoire qui submergerait la France doivent être déconstruits chiffres à l'appui et à cet égard, je soutiens la proposition de François Fillon de disposer de statistiques ethniques pour mieux connaître la réalité de la situation, dès lors que leur utilisation est encadrée par la loi.

La solution de facilité consistera toujours à céder à nos instincts primaires en choisissant le repli sur soi, manifestation de nos peurs irrationnelles et de notre volonté de nous protéger quand la rencontre envisagée sans arrières-pensées peut être si féconde...


samedi 4 juillet 2015

GRECE ET UE : A QUAND DES SOLUTIONS DURABLES ?

Quelque soit le résultat du référendum organisé ce dimanche 5 juillet par le Premier Ministre Alexis Tsipras pour demander au peuple grec s'il est d'accord pour mettre en oeuvre les mesures contenues dans le pré-accord conclu avec l'UE, quelque chose se sera irrémédiablement cassé entre la Grèce et ses partenaires. La défiance aura succédé à la confiance. 

A. Tsipras a bien compris qu'au delà des mesures d'urgences permettant à la Grèce de rembourser ses créanciers, il convenait de sanctuariser la question de la dette en l'isolant delà négociation et en trouvant des solutions acceptables pour rendre son remboursement soutenable soit par l'allongement de la durée des prêts, la baisse des taux ou par l'effacement partiel. 

En définitive, depuis le 30 juin au soir, la doctrine DSK s'applique à la Grèce. Depuis ce jour la Grèce ne reçoit plus aucune aide financière ni de l'UE, ni du FMI et ne rembourses aucune somme, ce que DSK avait préconisé comme solution durant deux ans. Cela signifie que la Grèce fonctionne sur ses ressources propres de façon à dégager un excédent primaire et à muscler par elle-même son économie.

Quant bien même des mesures d'urgence seraient mises en place, la question du remboursement de la dette grecque serait traité (ce que refuse l'Allemagne à ce jour renvoyant cette question à plus tard), il reste à déterminer comment réformer en profondeur l'économie grecque pour lui permettre de renouer avec une croissance durable.

Cela implique que le système fiscal se modernise (nationalisation des biens de l'Eglise orthodoxe en cas de refus de se soumettre à l'impôt, idem pour les armateurs avec saisie des navires, mise en place d'un cadastre digne de ce nom, lutte contre l'évasion fiscale ...) et que l'économie grecque sorte de ses domaines de prédilection en jetant les bases d'une économie de services connexe au tourisme à travers les services à la personne ou les services culturels, par exemple. 

Seule une table ronde réunissant toutes les parties prenantes, négociant de bonne foi et proposant une vision à long terme de la modernisation à long terme de l'économie et des institutions grecques serait de nature à dépasser ces crises à répétions et ces psychodrames expression des intérêts contradictoires qui s'affrontent sans autre perspective que le jour d'après.

Cela impliquerait également que l'UE parvienne à une fiscalité et à une économie harmonisée loin de la règle du plus offrant qui prévaut actuellement et de celle d'un éphémère gagnant au détriment de l'intérêt général européen. 

Un gros mot ?