dimanche 22 janvier 2017

LES PROPOSITIONS POLITIQUES PAS TRES CATHOLIQUES DE FRANCOIS FILLON, CANDIDAT DE LA DROITE ET DU CENTRE LORS DE LA PRESIDENTIELLE DE 2017

François Fillon, le 27 Novembre 2016, a été élu candidat de la Droite et du Centre avec 66,5% des suffrages exprimés face à son rival, le Maire de Bordeaux, Alain Juppé. Une brève poignée de mains entre les deux candidats a clôturé ce second tour.  

Alain Juppé et François Fillon se sont retrouvés pour une brève poignée de main.
Crédits Photo AFP Photos François Guillot

La victoire éclatante de François Fillon, lui donne les coudées larges pour appliquer son programme qu'il veut radical, même s'il doit être amendé sur certains points au vu des réactions qu'il a suscité notamment chez ses alliés centristes comme l'UDI présidée par Jean-Christophe Lagarde, qui était l'invité du Grand Rendez-vous d'Europe 1 ce dimanche 21 janvier (http://www.europe1.fr/politique/direct-video-jean-christophe-lagarde-est-linvite-du-grand-rendez-vous-2954890). 

1. Des propositions qui émanent d'un candidat "Chrétien"

Le programme de l'ancien Premier Ministre de Nicolas Sarkozy est très complet se décline en 27 thèmes plus le cadrage financier (https://www.fillon2017.fr/participez/) ou peut se résumer en 15 mesures phares (https://www.fillon2017.fr/participez/15-mesures/) ou en 50 mots (http://fr.calameo.com/read/00491588244d1ca56f494). Au choix. 

A plusieurs reprises, François Fillon a affirmé qu'il était Chrétien en ces termes  : «Ma vie spirituelle reste marquée par le message du Christ, mais ma pratique religieuse est assez libre, trop peut-être aux yeux de ceux qui ont la nostalgie d'un ordre ancien où le culte dictait sa loi aux conduites de chaque jour.». Dans une interview accordée à l'hebdomadaire La Vie en avril 2012 - donc loin de la présidentielle à venir -, il témoignait sur le même ton: «Je suis catholique, tout le monde le sait, même si, parfois, on exagère cette identité."
Le 5 janvier 2017, interviewé au Journal de  20 heures de TF1, il déclarait "Je suis chrétien. Ça veut dire que je ne prendrai jamais une décision qui sera contraire au respect de la dignité humaine, de la personne humaine." 

Pour la première fois, en France, sous la Vème République, un homme politique établit un lien entre sa foi catholique et son action politique. 

Alors prenons-le au mot et vérifions cette adéquation annoncée pour le futur, mais qui en réalité vaut pour l'ensemble de sa vie politique. 

2. Des positions politiques antichrétiennes. 

1 La  loi Simone Veil de 1975 sur le droit à l'avortement.

Sur ce point, pressé d'éclaircir sa position par son concurrent Alain Juppé, F. Fillon a varié a plusieurs reprises. Présentée comme un "droit fondamental" dans son livre "Faire", il a corrigé ses propos lors d'un meeting à Aubergenville (Yvelines) le 22 juin 2016 «Ce n'est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire, c'est que c'est un droit sur lequel personne ne reviendra. Philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, je ne peux pas approuver l'avortement», a-t-il expliqué, comme le rappelle l'AFP. Un argumentaire qu'il a repris le 27 octobre, sur le plateau de «L'Émission politique» de France 2. «Jamais personne, et certainement pas moi, ne reviendra sur l'avortement. Je n'ai pas à m'expliquer sur mes convictions religieuses. Je suis capable de faire une différence entre ces convictions et l'intérêt général. Je considère que l'intérêt général, ce n'est pas de rouvrir ce débat." 

Et d'affirmer que malgré sa conviction catholique défendant le droit à la vie, il aurait voté tous les modifications apportées à la loi de 1975. Et de s'offusquer : " En tant que responsable public depuis trente ans, est-ce qu'une seule fois vous avez entendu François Fillon revenir sur l'IVG ? Es-ce que je n'ai pas voté tous les textes qui ont permis l'accès aux femmes à l'interruption volontaire de grossesse ? Evidemment, je ne toucherai à rien dans ce domaine." 

L'examen attentif des votes de François Fillon, montre que très majoritairement il s'est opposé aux textes qui constituaient une avancée en ce qui concerne l'exercice de ce droit comme le montre l'article du quotidien "Le Monde".  http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/12/02/avortement-non-francois-fillon-n-a-pas-vote-toutes-les-lois-qui-ont-permis-l-acces-a-l-ivg_5041905_4355770.html

On comprend mieux dans ces circonstances, le soutient apporté par le lobby catholique "Sens Commun" dort de ses 9000 adhérents et 30000 sympathisants même si l'IVG n'a pas été à l'ordre du jour de la négociation :  http://www.lepoint.fr/presidentielle/sens-commun-et-francois-fillon-un-mariage-de-raison-24-11-2016-2085448_3121.php 

Il en résulte donc deux attitudes qui ne figurent pas dans les Evangiles. 1. François Fillon a menti et a il a choisi de privilégier sa conviction religieuse sur la loi laïque de la République française sur la question de l'avortement. 

2. La remise en cause de la filiation des enfants des couples homosexuels. 

François Fillon ne remet pas en cause le mariage homosexuel adopté par la loi Taubira de 2013, mais ses conséquences en terme de filiation. Rappelons que l'on distingue l'adoption simple qui ne rompt pas le lien avec la famille d'origine de l'adopté et l'adoption plénière, où l'enfant acquiert une nouvelle filiation qui supprime et remplace l'ancienne. Il veut réserver l'adoption simple aux parents de couples homosexuels au motif que l'enfant a le droit de connaître sa filiation et qu'il est nécessairement né de l'union d'un homme et d'une femme. Ce faisant il introduit une distinction entre les couples hétérosexuels qui adoptent un enfant dans le cadre de l'adoption plénière et les enfants de couples homosexuels traités différemment. Cette différence de traitement risque d'être censurée par la Conseil Constitutionnel.  

Cette évolution remet en cause l'évolution du droit de la filiation depuis les années 1970, lorsque le législateur a fini par aligner le statut des enfants illégitimes (nés hors mariage) sur ceux des enfants légitimes en leur accordant les mêmes droits. Pourquoi, les enfants aurait-ils à être discriminés en raison des supposées fautes de leurs parents ? 

En pratique, la proposition de F. Fillon demeure symbolique car le nombre d'enfants à adopter est de plus en plus en faible et la plupart des Etats ayant une conception traditionnelle de la famille inspirée par la religion chrétienne ne confie pas leurs enfants à des couples homosexuels. Il reste l'adoption lorsque l'enfant est déjà au sein de la famille et dans ce cas il s'agit le plus souvent d'une adoption simple. 

Tout cela pour cela ?. Dans ce cas, la foi catholique de F. Fillon donnerait un avantage aux enfants issus d'un papa et d'une maman comme on dit  à la Manif pour tous, qui n'a pas lieu d'être aux antipodes de la loi Taubira qui affirme l'égalité de traitement. 

En savoir plus : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/11/24/la-proposition-bancale-de-fillon-sur-les-adoptions-par-les-couples-homosexuels_5037536_4355770.html

3. La santé. 

Lors du débat du second tour de la primaire, F Fillon a distingué les affections graves et de longues durée (Diabète, cancer, maladies rares) seraient remboursées intégralement par la Sécurité Sociale et que "Le petit risque" impliquerait de faire appel aux Mutuelles. Or, on sait que le coût des mutuelles ne cesse d'augmenter pour un remboursement qui diminue régulièrement. Dans ces conditions, certains ont pensé devoir renoncer à leurs soins en cas d'affection peu graves et mal remboursées. Or, la clientèle de F.Fillon est constituée en grande partie des retraités qui ne veulent pas voir leur accès au système de soins remis en cause, car c'est considéré, à tort ou à raison, comme un acquis social. 

Cette affirmation a suscité de nombreuses inquiétudes ce qui a conduit les proches de F.Fillon a corriger le tir comme le montre cette vidéo. 

http://www.dailymotion.com/video/x554xfq_securite-sociale-francois-fillon-cree-la-polemique_news

Es-ce chrétien de choisir les malades qui seront bien remboursés et les autres moins bien ou pas du tout ? Un début de Mea Culpa ? 

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4. "La France souveraine" dans l'UE "respectueuse des Nations" 

Avec F. Fillon l'UE de Jacques Delors est bien morte au profit de celle de Philippe Seguin (1943-2010), son mentor en politique. 

Il déclare dans son programme : " Je suis ainsi pour une Europe des nations, une Europe qui, dans la lignée de celle voulue par le Général de Gaulle, soit garante de notre souveraineté. Mais je défends aussi l’urgence d’une France souveraine au sein d’une Europe qui partage des valeurs communes et un objectif commun : celui de notre souveraineté vis-à-vis de nos autres partenaires. Pour cela, l’Europe devra concentrer son action sur quelques domaines bien définis et laisser la liberté aux Etats nations de se gouverner comme ils l’entendent sur une majorité de sujets, en respect du principe de subsidiarité." Il s'agit de redonner des compétences aux Etats et d'affirmer les choix de la France même s'ils sont en contradiction avec l'UE ou son ordre juridique. 
"Je propose donc pour relancer l’Europe de se concentrer sur trois priorités stratégiques que l’on peut déterminer dès maintenant et mettre en œuvre sans avoir besoin d’un nouveau Traité :
– La sécurité des citoyens avec des frontières efficaces, une immigration maîtrisée et une défense autonome.
– La souveraineté économique et financière en faisant de l’Euro une monnaie de réserve.
– L’investissement, l’innovation et la recherche au service de grands projets européens et d’une une société de la connaissance." 
Sur le premier point, on est bien loin de l'exhortation du Pape François incitant les pays européens à adopter une politique généreuse à l'égard des migrants qui fuient leurs pays pour des raisons de guerre, famine ou changement climatique. Lui qui s'était rendu sur l'île de Lampedusa où s'échouent les embarcations de fortune des migrants affamés et dépenaillés par solidarité avec ces malheureux dont le Vatican assura l'asile à quelques uns.
 François Fillon veut mettre en place une politique de quotas sur le modèle du Canada, qui profitera aux migrants déjà formés quand, comme l'Allemagne, il faudrait former les immigrés peu ou pas qualifiés pour les insérer par le travail dans la société et transformer l'interdiction de travailler durant la période d'examen du dossier des demandeurs d'asile qui est longue et aléatoire quant à son résultat au vu de la politique de l'OFPRA qui est très restrictive. 
Quant à faire l'Euro une monnaie de réserve, il faut doper les performances économiques de la zone Euro ou en parler à Donald Trump dont la politique conduit à une hausse du Dollar et à une baisse de l'Euro dont le cours est proche de la parité  1 pour  1. Il conviendrait déjà de doter la zone euro d'un gouvernement économique et de parvenir à une meilleure coordination des politiques fiscales et économiques et remettre en cause la politique de dumping et l'existence des paradis fiscaux. 
Conclusion 
On ne sait pas si François Fillon au moment du Jugement dernier, ira au Paradis ou au Purgatoire, mais d'ores et déjà, il aura quelques pêchés véniels ou pas à confesser à son confesseur attitré. Il n'est pas certain qu'en mai prochain, le Peuple français lui donne l'absolution, Lui ... 
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lundi 2 janvier 2017

LE REFUS DES IDEOLOGIES MORTIFERES OU SE SOUVENIR DE BAGDAD

1. La guerre d'Irak (2003-2011) : quand l'idéologie prend le pouvoir et provoque un désastre sans nom. 

En mars 2003, le Président des Etats-Unis George Walter Bush a déclenché une guerre contre l'Irak, sans l'aval de l'ONU, en affirmant de façon mensongère que ce pays possédait des armes de destruction massive en violation des règles internationales alors que l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique) n'avait trouvé aucune preuve déterminante lors de ses inspections répétées les mois précédents. Le pays était dirigé d'une main de fer par Saddam Hussein qui régentait son pays et malgré tout était le ciment du pays assurant même la protection des minorités en terre d'Islam, comme les Chrétiens. 


Près de 14 ans après, on mesure combien la vision simpliste du Président entre les Bons et les Méchants a détruit l'unité de ce pays héritier de la grande civilisation de la Mésopotamie. Appliquant les règles du Far West en vigueur au Texas à l'Irak, il s'agissait après l'entrée en guerre de publier un avis de recherche de Saddam Hussein contre rançon, de le faire arrêter, de le faire juger et condamner à mort pour les crimes commis, notamment, le "génocide kurde" en 1988 fomenté par son cousin Ali Hassan al-Majid, surnommé «Ali le Chimique», responsable de l'extermination de près de 200 000 Kurdes en pendant l'opération «al Anfal» (butin de guerre), ainsi nommée d'après une sourate du Coran (1) ce qui sera fait le 30 décembre 2006, par pendaison, dans la base militaire de Kadhimiya; dans la banlieue nord de Bagdad à 6 heures et 5 minutes. 

Les Etats-Unis s'étaient imaginés apporter la Démocratie politique à l'Irak pour ne pas écrire la civilisation à un pays considéré comme arriéré. En raison des divisions religieuses entre Chiites et Sunnites, il en résultat un chaos et la multiplication des attentats surtout que les EU ne trouvèrent rien de mieux que démanteler la police et l'armée irakienne pour y substituer la force d'occupation américaine. En 2007, la guerre civile est terminée et elle a provoquée le départ de 2,4 millions d'Irakiens (2). Le 18 décembre 2011, le dernier soldat américain quitte le sol irakien conformément à l'engagement du Président Obama en arrivant au pouvoir en 2008. Bilan, un coût de l'opération de 600 milliards de dollars et prés de 500.000 personnes y ont laissé la vie, les soldats de la coalition seraient responsables de 30% des morts et les milices irakiennes d'autant soit 150.000 morts dans chaque camp (3). 

La suite on la connaît, le printemps arable qui se traduit en Syrie par des habitants qui réclament la démocratie et qui sont combattus sans pitié par le Chef de l'Etat, Bachar El Assad et en 2013 au moment où il utilise les armes chimiques contre son peuple et que la France souhaite intervenir militairement avec le soutien de l'ONU, les Etats-Unis s'y opposent. En juin 2014 2014, l'Etat Islamique est proclamé qui s'étend en Irak et en Syrie. (4).  

Personnellement, je ne verrai aucun obstacle à ce que l'ancien Président américain (2000-2008) soit attrait devant la Cour Pénal Internationale de la Haye, le rapport Chilcot en Grande-Bretagne et le rapport Feinstein aux Etats-Unis soulignant de nouveau les crimes commis en Irak ou en Afghanistan au cours d’interventions militaires discutables dans leurs fondements ou dans leurs déroulements (5). Personne n'a oublié le sort des prisonnier en tenue orange dans le camp de Guantanamo et l'usage de la torture, notamment dans la sinistre prison d'Abou Ghraib où un prisonnier est décédé suite à un interrogatoire très particulier, ces pratiques se déroulant en violation des traités et conventions internationales ad hoc que les E.U. ont signés. La CPI qui est devenu experte pour faire juger des Chef d'Etats africains (au point que l'Afrique pourrait se retirer de la CPI) démonterait que ce ne sont pas toujours les vaincus qui sont jugés, mais aussi les vainqueurs et dans le camp occidentale, le première puissance mondiale : les Etats-Unis.

2. Des Chrétiens anéantis et dispersés.  

Combien de vies brisées dans ce conflit qui n'en finit pas et qui fait des Irakiens pour un certains nombre d'entre eux des exilés, prenant le chemin de l'Europe ou des pays voisins et devenant des réfugiés pour un certain nombre d'entre eux ? La statistique ne donne qu'une faible idées des parcours de chacun devant cette épreuve, l'hebdomadaire "La Vie" consacre un numéro spécial intitulé "Le calvaire des Chrétiens d'Irak" dont les articles s'étendent du 20 mars 2015 au 24 novembre 2016 (6). 

Avant l'invasion américaine de 2003, plus d'un million de Chrétiens vivaient en  Irak, dont plus de 600.00 à Bagdad, siège du patriarcat des Chaldéens, 60.000 à Mossoul, mais également dans la ville pétrolière de Kirkouk et dans la cité méridionale de Bassora. Mais en raison des violences meurtrières qui ont secoué le pays depuis 10 ans, ils ne sont aujourd'hui plus de 400.000 sur l'ensemble du territoire (7).   




3. Sur le chemin de l'exil avec Inaam Kachachi en attendant le retour sur la terre natale. 



Dans l'émission Chrétiens d'Orient diffusé sur France-Culture le dimanche 1er janvier 2017 était invitée Inaam Karachi, écrivain, journaliste et correspondante de presse pour les journaux arabes Asharq Al-Awsaf et Kol Al-Usra qui présentait son livre intitulé "Dispersés" publié chez Gallimard, en 2016, interviewée par Sébastien de Courtois. 




Inaam Kachachi: «Dispersés»



Il faut écouter son témoignage avec attention (8) qui traduit une personnalité forte et déterminée à défendre la mémoire des Chrétiens d'Irak en tant que peuple et non comme appartenance confessionnelle. Un roman qu’elle a écrit « pour les Irakiens. C’est leur livre. Il raconte leur vie – leur vie d’avant la barbarie, un monde sans doute irrémédiablement disparu, et dont il faut absolument conserver la trace". Ce travail de mémoire et d'histoire est essentiel pour qu'on n'oublie pas l'Irak d'avant 2003, avant l'éclatement du pays et la dispersion de ses habitants. 

La lauréate 2016 du prix littérature arabe décernée par l'IMA (Institut du Monde Arabe) présidé par Jack Lang évoque dans son livre le parcours intime des ses héroïnes et des ses héros du quotidien pour restituer le plus fidèlement possible les scènes de vie qu'elle a vécu et qu'elle romance avec justesse pour dresser des portraits attachants qui marquent nos esprits occidentaux quand les besoins essentiels ne sont pas assurés (eau, électricité, nourriture, transports etc) habitués que nous sommes avec un certain niveau de confort. 



Imaan Karachi lors de sa remise de prix à l'IMA, le 2 novembre 2016. A droite de la photo, Pierre Leroy, le Président du Jury et Jack Lang, le Président de l'IMA. . 

Etablie à Paris, la romancière raconte l'histoire de plusieurs générations de femmes à compter des années 1950 en Irak qui ont pour point commun d'être des femmes médecins (9). En fait , un reportage sur ces dernières décennies en Irak de façon à retracer l'Irak de la paix des années 50 à la guerre du Golfe (1990-1991) suite à la décision de Saddam Hussein d'envahir le petit Koweit, puis l'embargo décidé par l'ONU dans le cadre de l'opération "pétrole contre nourriture" et à compter de 2003 on connaît la suite. Une population irakienne sacrifiée à cause de la folie de deux hommes : Saddam Hussein et George Walter Bush.  Au delà  de l'exil des Chrétiens, l'auteur rappelle qu'il s'agit de l'exil de l'Irak lui-même sorti de l'histoire, vassalisé, où les murs communautaires et les haines religieuses ont été exacerbées par les EU en s'appuyant sur les uns pour mieux défaire les autres.  La gouvernance est devenue communautaire au moment de l'occupation des EU. Comment sortir de ces rancoeurs communautaires ?

La prise de Mossoul prochainement sans doute par l'armée irakienne composite conduira à faire reculer l'Etat Islamique de cette ville stratégique, mais l'après guerre et la gouvernance qui en naîtra sera déterminante pour l'avenir de l'Irak. Soit Sunnites et Chiites s'uniront pour le bien de l'Irak, soit les Irakiens se déchireront selon ce clivage religieux. C'est l'enjeu de l'Irak de demain, devenir un pays uni autour d'un projet politique pour l'Irak lui-même rassemblé convaincu que ces divisions héritées d'une idéologie américaines sont mortifères et loin de la vie d'un pays paisible qui envisage son avenir avec confiance. 

Sans doute,  dans un HLM de Vigneux-sur-Seine, ses voisins ne se doutent pas que dans la lucarne éclairée vit une femme de 80 ans qui a du quitter l'Irak pour rejoindre sa nièce en France quand dans son pays cette femme gynécologue au service des enfants à naître et de leurs mères était considérée, reconnue et avait su faire sa place comme chrétienne dans un pays musulman. Devenue une simple réfugiée, dont Imaan Karachi affirme que "C'est la honte" dans son entretien à France-Culture. Et si c'était les futures générations qui vont relever la tête?

La lumière s'éteint à la fenêtre de ce HLM et peut-être que ses enfants et petits-enfants pourront un jour revenir dans leur pays pacifié dont leur grand-mère leur parle sans arrêt pour ne pas oublier qu'ils sont Irakiens. "Sur le chemin de retour" reste à écrire après "Les Dispersés".  

Ce jour-là, l'auteur de "Si je t'oublie, Bagdad" pourra dire qu'elle a été fidèle à son serment et que sur les traces d'Aladin, l'Irak sera redevenu le grand pays qu'il n'aurai jamais cessé d'être, après avoir frotté la lampe magique, formulé un voeu et détrôné le méchant grand Vizir... Au pays des Mille et une Nuits on n'a pas fini de raconter l'histoire de l'Irak ...



Notes 


(1) Voir l'article de Libération : http://www.liberation.fr/planete/2006/08/22/saddam-hussein-en-proces-pour-le-genocide-kurde_5801
(2) Pour une chronologie détaillée voir l'article du Monde Diplomatique : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/06/14/liberte-en-irak-retour-sur-le-fiasco-de-l-invasion-americaine_4438289_3218.html
(3) Pour en savoir plus voir l'article du Point  : http://www.lepoint.fr/monde/les-500-000-morts-de-la-guerre-en-irak-18-10-2013-1745327_24.php
(4) Pour une chronologie 2011-2016 voir le commentaire du livre de Michel Goya intitulé "Levant violent" : 
http://pierrebayle.typepad.com/pensees_sur_la_planete/2016/02/levant-violent-une-analyse-militaire.html
(5) 
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/07/09/george-w-bush-et-tony-blair-devant-la-cour-penale-internationale_4966702_3232.html#17B5Tmmy1rXA66xM.99
(6) http://www.lavie.fr/dossiers/chretiens-irak/
(7) En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/08/06/qui-sont-les-chretiens-d-irak_4467331_4355770.html#KrjvDTHzbotRYZWD.99
(8) https://www.franceculture.fr/emissions/chretiens-dorient/disperses-avec-inaam-kachachi
(9)  http://www.rfi.fr/emission/20160206-kachachi-journaliste-romanciere-disperses 

dimanche 13 novembre 2016

Les Echecs selon Olivier Carré, Député-Maire d'Orléans et quelques autres considérations générales sur le noble jeu


Olivier Carré, Député-Maire d'Orléans, sait-il jouer aux Echecs ? Connaît-il, le mat du Berger, le mat des Arabes, le mat du couloir ou le mat des épaulettes ? Peut-il définir, exemples à l'appui, sur un échiquier ce que sont : une déviation, une attraction, un clouage, une fourchette ou un échec double ? 

Ce qui est certain, c'est qu'Olivier Carré, Député-Maire d'Orléans ignore que les Echecs ne sont pas un loisir parmi d'autres, mais un sport. Personne ne lui a jamais dit parmi les élus en charge du dossier du sport à la ville d'Orléans, ni son adjoint chargé des Sports, Soufiane Sankhon, ni Yann Baillon, chargé du sport de haut niveau, ni Thomas Renault, en charge des clubs, équipements sportifs, jeunesse. 

Si les services de la ville d'Orléans avaient avisé le Maire de cette situation, il n'aurait pas commis l'erreur, lors de la fête des Associations de placer l'USO Echecs parmi les associations culturelles et de loisirs à deux pas du Musée des Beaux-Arts, alors que sa place est avec les associations sportives, au Campo Santo. Il est vrai que cela fait de nombreuses années que l'emplacement est le même tant l'habitude a été prise sans penser un seul instant qu'il puisse en être autrement. Il faut souhaiter que l'USO Echecs retrouve la place qui aurait du être la sienne depuis longtemps parmi les associations sportives lors de la prochaine manifestation. 

Olivier Carré doute t-il un seul instant que les Echecs soient un sport ?

Les Echecs sont un sport. 

Les Echecs répond au critères pour définir un sport et la FFE est une fédération sportive. 

1) Un sport doit comporter des  règles strictes, des compétitions régulières, et un effort physique. Tout le monde conviendra aisément que les échecs répondent aux deux premiers critères. C’est la soi-disant absence de dépense physique qui pose problème.Et si la discipline n'est pas une "activité physique" au sens propre du terme, l'endurance, la concentration, la réactivité et la technicité, que l'on retrouve dans toutes les disciplines sportives, sont, elles, bel et bien au rendez-vous. Malgré le calme qui se dégage des joueurs devant leur échiquier, les apparences sont trompeuses. "Le rythme cardiaque, notamment au moment crucial de la partie, correspond à celui des sports extrêmes. C'est une discipline qui engendre tellement d'adrénaline. Les joueurs d'échecs passent leur temps en silence, toutes les émotions sont comprimées. C'est une forme de concentration comparable à ces pratiques", explique Almira Skripchenko qui est également sextuple championne de France et championne d’Europe 2001. Des recherches scientifiques ont par ailleurs établi que le coeur d’un joueur d’échecs émettait jusqu’à 120 pulsations par minute pendant une partie

2) La Fédération Française des Échecs a été fondée le 19 mars 1921, sous le régime de la loi du 1er juillet 1901. Elle a pour but de favoriser, de contrôler et de diriger la pratique du jeu d'échecs en France et sur tout le territoire national français. Elle est reconnue fédération sportive depuis le 19 janvier 2000. Elle dispose de l'agrément jeunesse et éducation populaire. La Fédération Française des Échecs est la seule fédération nationale affiliée à la Fédération Internationale des Échecs(F.I.D.E.)dont elle fut membre fondateur à Paris, le 20 juillet 1924.

2. Encore peu développés à Orléans

L'USO Echecs, présidé par Jean Péniquaud, compte une centaine de Licenciés et son équipe phare évolue en Nationale 3 après avoir été en mesure de monter en Nationale 2 l'an dernier. http://www.us-orleans-echecs.fr/index_.html 

Dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires depuis septembre 2014, obligatoirement, les communes mettent en oeuvre les TAP. A Orléans, certaines écoles accueillent un animateur rémunéré en partie par l'USO pour animer ces ateliers trimestriels. Un joueur expérimenté donne des cours pour préparer les équipes aux compétitions une fois par semaine. 

3. Ses apports pédagogiques sont indéniables.

Les apports pédagogiques du jeu d'Echecs ne sont plus à démontrer :


  • Les échecs développent l'esprit scientifique.
  • Ce jeu est motivant pour les élèves.
  • Le temps des parties est adapté au temps scolaire.
  • Ça les aide à se concentrer.
  • Le jeu et ses histoires de bataille fascinent les élèves.
  • Certains élèves ont repris confiance en eux.
  • C'est un projet "bon marché".
  • Le jeu les aide à développer leur mémoire et leur pensée logique.
  • Cela favorise l'imagination et la capacité à anticiper.
  • Les échecs leur enseignent l'indépendance et à vivre ensemble en respectant des règles communes.
  • Les élèves adorent ce cours, c'est un moment à la fois de détente et de réflexion intense
4. Les Echecs sont enseignés sur le temps scolaire comme une matière à part entière

La circulaire n° 5231 du  9/04/2015 organise le jeu d'Echecs à l'école. Le texte intégral :  http://www.enseignement.be/hosting/circulaires/upload/docs/FWB%20-%20Circulaire%205231%20(5462_20150409_112916).pdf

Contrairement, à d'autres communes, Orléans n'a jamais imaginé que l'on puisse enseigner ce sport que sont les Echecs dans le cadre scolaire, à raison, par exemple, d'une heure par semaine. Les Echecs sur le temps scolaire, soit comme matière obligatoire ou en option sont vivement encouragés par l'Education Nationale comme le montre cette fiche : http://eduscol.education.fr/experitheque/fiches/fiche9364.pdf A ce titre, cette discipline peut constituer un bon moyen de lutter ...contre l'échec scolaire ! 

5. Des villes s'engagent dans la promotion des Echecs

Ville pilote depuis 2013, Orsay poursuit l'enseignement des Echecs dans les écoles élémentaires ce qui représente  8 classes du CE2 au CM2 et concernent 153 écoliers. http://www.mairie-orsay.fr/jeu-echecs-ecole.html

La Ville de Carquefou (44470) a reçu le diplôme d'honneur 2012 pour son investissement et son soutien à la pratique du jeu d'Echecs. Un diplôme créé par le comité du jeu d'Echecs de Loire-Atlantique pour récompenser les municipalités qui aident les clubs. http://carquefou-echecs.fr/sites/default/files/Ouest_France_Carquefou_mars_2012.pdf

Le Maire du Blanc-Mesnil (93156), Thierry Meignen, au cours de l'année scolaire a engagé une partie majoritaire (seul contre tous) contre les 729 élèves du CP au CM2, à raison de 12 coups par semaine. http://www.blancmesnil.fr/lancement_des_echecs.html

On pourrait en citer d'autres encore.

Certaines villes parfois moins peuplées qu'Orléans ont organisé le Championnat de France d'Echecs qui se tient traditionnellement la deuxième semaine d'août et qui réunit environ 1000 joueuses et joueurs. Tel est le cas ces dernières années d'Agen (2016), Saint-Quentin (2015), Nîmes (2014), Nancy (2013), Pau (2012), Caen (2011), etc...


6. A l'échelle du Département. 
Par exemple, dans le Vaucluse, une convention cadre a été signée entre le DASEN et le président du CDJE84 en avril 2013. Elle permet aux écoles d’inclure une heure d’atelier jeu d’échecs hebdomadaire dans leur projet, soit 36h annuelle. En parallèle, Christian Bernard correspondant scolaires départemental et président du CDJE84 assure depuis 2 ans des stages pour les enseignants : « Apprendre à apprendre à jouer aux échecs », organisé dans le cadre institutionnel de la Direction académique de Vaucluse (Formation des professeurs des écoles, animation de circonscription).

7. Au niveau national.

Le championnat de France UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire) prend de plus en plus 
de place dans le paysage fédéral, signe d’un rapprochement concret entre notre fédération et le ministère de l’Éducation nationale.
Des sections UNSS échecs commencent à s’ouvrir dans les collèges et lycées.
Mais le fonctionnement de l’UNSS et de son championnat d’échecs sont encore mal connus. Le 2ème Championnat de France UNSS s'est déroulé du 6 au  8 juin 2016. En savoir plus:   
http://scolaires.ffechecs.fr/2e-Championnat-UNSS-des-colleges.html

8 Qui sera Champion du monde le 30 novembre prochain ? 


Actuellement, tous les regards se tournent vers New-York, non pas vers la Trump Tower, mais vers le South Street Seaport où du 11 au  30 novembre se tient le Championnat du monde d'Echecs entre le tenant du titre le Norvégien Magnus Carlsen (2853 points Elo) contre son Challenger, l'Urkrainien Sergey Karjakin (2772 points Elo) qui a des relents de guerre froide rappelant ce moment d'anthologie qu'a constitué le match entre  R.J. Fischer (EU) et B. Spassky (URSS), en 1972, à Reykjavik, dans la capitale Islandaise.  Les deux premières parties les 11 et 12 novembre se sont terminées par une partie nulle. Le suspens demeure entier. Pour l'instant Carlsen est tenu en échec par son rival venu de l'Est. Suivre cet événement mondial sauf en France où les médias généralistes n'en parlent pas sur le site d'Europe Echecs : http://www.europe-echecs.com/art/match-de-championnat-du-monde-6710.html

Le Championnat du Monde d'échecs à New York - Photo © site officiel
Vous voulez suivre les pas de Magnus Carlsen ? L'entraîneur québécois analyse trois parties de Carlsen dont la première lorsqu'il était âgé de 15 ans : http://chessmichel.com/?p=771

9. Un problème à résoudre. 


Ce problème ancien fut publié pendant des années en couverture des revues d'Echecs. Le meilleur joueur du 19ème siècle, Howard Staunton (1810-1874), n'hésita pas à le qualifier de plus beau problème du monde. 

Les Blancs jouent et font mat en un coup et un seul ! 



Solution lors d'un prochain article... 

dimanche 9 octobre 2016

BREXIT 2EME PARTIE : LE PRINTEMPS DE THERESA MAY

Suite à sa désignation le 13 juillet 2013 , le nouveau Premier Ministre britannique, Theresa May, a déclaré "Brexit means Brexit" douchant les espoirs de ceux qui espéraient un second référendum pour annuler celui du 23 juin. Mais la future nouvelle Premier ministre a annoncé qu'elle comptait bien être ferme dans les négociations avec l'Union européenne et faire du Brexit un succès.
A ce jour, retracer les nombreuses tergiversations du gouvernement britannique serait trop long, mais on peut résumer l'attitude suivie à travers les 3 informations suivantes. 

1. Le Brexit commencera fin mars 2017. 
Le dimanche 2 octobre 2016, la Première Ministre britannique Theresa May a annoncé que la Grande-Bretagne ferait jouer l'article 50 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union européenne qui lance le début d'organisation pour que le pays sorte de l'UE, "avant fin mars 2017". Corrélativement, a annoncé vouloir saisir au printemps 2017 le Parlement britannique pour abroger l'acte d'adhésion de son pays à l'Union européenne, dans un entretien au Sunday Times. 
Voir sa déclaration en vidéo : http://www.bbc.com/news/uk-politics-37532364?ns_mchannel=social&ns_campaign=bbc_breaking&ns_source=twitter&ns_linkname=news_central
Il est clair que la pression de ses ex 27 partenaires européens aura eu peu d'effet, si l'on considère que l'article 50 aurait du être déclenché immédiatement après le résultat du référendum du 13 juin 2016, c'est-à-dire, en septembre 2017, une fois le nouveau gouvernement formé, le précédent dirigé par David Cameron qui avait soutenu le "Oui" ne pouvant gérer les conséquences du "Non".  L'esprit de l'article 50 n'aura pas été respecté. Peut-être faudra t-il le modifier en ajoutant, par exemple, la mention "Dans un délai maximum de 3 mois" pour que le déclenchement de l'article 50 ne soit pas laissé à l'unique approbation du Gouvernement de l'Etat concerné.

2) Hard ou soft Brexit ?
 La première ministre britannique Theresa May a écarté l'idée de choisir entre un "hard Brexit» marquant la rupture avec le marché unique de l'Union européennen «soft Brexit», basé sur des concessions mutuelles. 
S'il est certain que la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE sera préjudiciable aux intérêts britanniques, du côté britannique, la négociation vise à obtenir les avantages précédents comme l'accès au marché unique tout en maîtrisant les flux migratoires, une revendication du Parti Conservateur de David Cameron. Vu de l'Union européenne, il s'agit de maintenir la libre circulation des ressortissants de 27 sur le territoire britannique. Comme l'Union l'a toujours répété: si le Royaume-Uni met fin à la libre circulation des Européens sur son territoire, il n'aura plus accès à son marché unique. Les défenseurs du Brexit «dur» - parmi lesquels les partisans d'UKIP sont prêts à placer la question migratoire au-dessus de l'accès au marché unique européen. Le bras de fer est entamé, mais la Grande-Bretagne a plus à perdre car il s'agit de défendre la place financière de Londres, première en Europe et la fuite des capitaux et la baisse de la Livre Sterling qui a déjà commencé.  Un rapport du cabinet de consultants Oliver Wyman publié mercredi assure que le secteur financier britannique pourrait perdre jusqu'à 43,2 milliards d'euros de revenus et 75.000 emplois en cas de Brexit «dur». En revanche, si Londres conserve l'accès à l'Espace économique européen (EEE) dans des conditions identiques à ce qu'elles sont actuellement, les pertes d'emplois pourraient se limiter à 4000.
Il est vraisemblable que l'accord qui sera trouvé sera "ad hoc", c'est-à-dire, propre à la Grande-Bretagne dans sa relation à l'UE, même s'il empruntera aux formes d'associations déjà connues comme l'AELE (Association Européenne de Libre Echange) et l'EEE (L'Espace Economique Européen).

3) Un nouveau départ pour l'UE à 27? 
Le départ de l'UE de la GB interroge la relation nouvelle entre les 27. Tel était l'objet du Conseil européen de Bratislava des 16-17 septembre 2017. Le premier Sommet européen, sans la Grande-Bretagne, à 27 Etats-Membres. 
Qu'en est-il sorti ?  La protection des frontières extérieures, lutte contre le terrorisme et relance de la défense étaient au cœur des discussions, lors du sommet de l'Union européenne, à Bratislava. 
 LPolonais Donald Tusk, Président du Conseil européen, a insisté sur la priorité absolue d’une maîtrise « totale » des frontières de l’Union pour revenir à un fonctionnement normal de l’espace Schengen de libre-circulation.

Afin de lutter contre le terrorisme, il s'agit de mieux coopérer entre Etats-membres dans le domaine du renseignement et d'interconnecter les fichiers de façon à mieux contrôler les entrées et sorties des personnes sur le territoire de l'UE. 
Dans le domaine de la Défense, la Commission européenne propose notamment des "ressources militaires communes", "un quartier général unique" et la création "avant la fin de l'année" d'un fonds européen pour stimuler la recherche et l'innovation dans l'industrie de la défense. Jusqu'à présent, il n'y a pas d'état-major opérationnel, mais seulement un comité militaire des 28. Le départ du Royaume-Uni, qui a toujours privilégié l’Otan, offre une chance d’avancer sur ce thème, ont souligné des sources diplomatiques, dans un contexte où l’Europe est cernée par les crises, les guerres et le terrorisme. 
Il reste que les divisions européennes demeurent sur des sujets comme l'accueil et la répartition des réfugiés par les 27 ou la réforme du statut des travailleurs détachés synonyme de dumping social. 

Voir le texte intégral de la Déclaration de Bratislava :  file:///C:/Documents%20and%20Settings/deloire/Mes%20documents/Downloads/160916-bratislava-declaration-and-roadmap-fr%20(3).pdf 

Conclusion provisoire.
Il faudra attendre le Sommet de Rome en mars 2017 à l'occasion des 60 ans du traité fondateur de la construction européenne, pour que les grandes décisions soient adoptées. 
Vu son agenda, il n'y aura pas de Printemps pour Theresa May, mais un Printemps avec des bourgeons est attendu pour l'UE à 27 rénovée. 

lundi 27 juin 2016

AU LENDEMAIN DU BREXIT. 1ERE PARTIE : LES CAUSES

Le jeudi 23 juin 2016 restera un jour historique dans l'histoire de la construction européenne. Ce jour-là, par référendum, une majorité de Britanniques (51,8% contre 48,2%) a décidé qu'il était opportun que leur pays quitte l'Union européenne.  

1. Un échec pour David Cameron, Premier Ministre Britannique.

David Cameron jouait la survie de son cabinet sur ce référendum qu'il avait provoqué. Il s'agissait de couper l'herbe sous les pieds de l'UKIP, le parti indépendantiste britannique, rejoint pas les électeurs conservateurs. Pour cela, le Premier Ministre britannique avait fait un pari. Obtenir un compromis politique des 27 sur une série de  questions afin d'accentuer le particularisme britannique déjà très développé depuis son adhésion et ainsi affirmer qu'il n'était pas nécessaire de jeter le bébé avec l'eau du bain en quittant l'Union européenne. 

1.1. L'accord du 20 février 2016 .



Il porte sur 4 les points suivants :


● Modification des traités européens

Deux éléments de l'accord doivent être inscrits dans des modifications à venir des traités européens:
- Le Royaume-Uni sera exempté de l'objectif d'une poursuite de l'intégration politique dans le cadre de l'engagement des traités européens envers une «union sans cesse plus étroite» des peuples d'Europe.
- Les éléments d'un accord pour assurer un traitement équitable des accords économiques et financiers entre les États de la zone euro et ceux qui n'en font pas partie.

● Avantages sociaux pour les salariés

Le Royaume-Uni aura le droit de ne pas accorder les avantages liés au statut de salarié aux nouveaux arrivants sur son sol d'autres États de l'UE pour leurs quatre premières années dans le pays. Le Royaume-Uni pourra mettre en œuvre un mécanisme de «frein d'urgence» pour les nouveaux arrivés durant une période de sept ans à partir du moment où la mesure aura été utilisée une première fois.

● Avantages liés aux enfants

Un système d'indexation concernant toute l'UE en matière de versement des allocations familiales aux salariés dont les enfants vivent dans un autre État membre entre en vigueur immédiatement pour les nouveaux demandeurs et le 1er janvier 2020 pour tous les allocataires.

● Finances

Le projet met l'accent sur la nécessité de faire «jeu égal» en matière de régulation financière et bancaire. Il donne le droit à la Grande-Bretagne de superviser les établissements financiers et les marchés pour préserver la stabilité financière. Ceci «sans préjudice» au droit de l'Union européenne d'agir pour protéger la stabilité financière.
1.2. Jugé insuffisant par les Opposants
Ainsi, l'accord obtenu le 20 février 2016 lui a permis d'obtenir, notamment, des restrictions sur l'accès au système d'aides sociales par les migrants intra-européens. L'Europe à la carte tenant compte des spécificités britanniques devait tenir de viatique. 

C'est que le thème dont se sont emparés les partisans du Brexit aura été l'immigration européenne. Il est loin le temps ou en 2004, au lendemain de l'adhésion des 10 Nouveaux Etats membres, la Grande-Bretagne était un des rares pays parmi les 15 à ouvrir son marché du travail ne craignant pas la venue du "plombier polonais". Une décennie plus tard, la G.B veut contrôler ses frontières alors que les travailleurs polonais ont contribué à la richesse de l'économie anglaise, en cotisant, en consommant, en investissant.  

Les chiffres sont éclairants. Selon CNN, 50,5% des migrants arrivant en Grande-Bretagne sont extérieurs à l’UE et sont originaires des Etats-Unis, du Canada, d’Inde, du Pakistan, d’Australie... Le reste, 49,5% viennent effectivement de pays membres de l’Union européenne. En 2015, selon l’Office for National Statistics (ONS), l’Insee de sa Majesté, 333.000 travailleurs étrangers sont arrivés en Grande-Bretagne. Au demeurant, «Sur les 63 millions d'habitants du pays, on compte cinq millions d’étrangers venus du monde entier et trois millions venus de l'Union européenne. Parmi eux, beaucoup de Polonais», observe le correspondant de France 2 à Londres, Loïc de la Mornais. On parle ainsi de 600.000 Polonais ayant franchi la Manche. D’une manière générale, «la grande majorité» des citoyens de l’UE en Grande-Bretagne vient des pays de l’ancien bloc communiste : Pologne, mais aussi Etats baltes, Slovaquie, Roumanie, Bulgarie... On trouve aussi beaucoup de Français : le chiffre de 300.000 de nos c. Elles montrent ainsi que les Européens sont ceux qui travaillent le plus : 78% d’entre eux ont un emploi, contre 74% des Britanniques. Et ils ne touchent que 2,2% des allocations chômage contre 7,7% des personnes venues du reste du monde. «Il est prouvé que l’impact économique de l’immigration venue de l’UE (comme la pression sur le marché du travail, les finances publiques ou les services publics britanniques) est relativement faible», commente l’universitaire d’Oxford Madeleine Sumption, cité par le Guardian.ompatriotes installés en Grande-Bretagne est fréquemment cité. Selon les statistiques, 




Les fantasmes l'auront emporté sur les réalités, alors même que la politique migratoire n'est pas stricto sensu une politique intégrée de l'UE, mais une politique intergouvernementale sur certains aspects.  Nigel Farage, député européen et leader du parti europhobe Ukip. aura posé une affiche désignant un flot de migrants. Avec comme slogan : «Le point de rupture : l’UE n’a pas tenu ses engagements vis-à-vis de nous. Nous devons nous libérer de l’Europe et reprendre contrôle de nos frontières». Sous-entendu vis-à-vis des hordes de migrants-envahisseurs.








 Paradoxalement, la décision d'Angela Merkek d'accueillir un million de réfugiés en Allemagne, puis de stopper cette immigration en raison des difficultés pour y organiser leur séjour, notamment, en Bavière, aura sensibilisé l'Anglais de la rue à ce que signifie être un pays d'immigration, convaincu que l'Islam n'est pas soluble dans la démocratie libérale.  


2. Bruxelles, perçu comme un pouvoir autocratique, méprisant et ignorant des attentes du peuple.

Comme à propos de ses frontières, il s'agit pour les partisans du Brexit de permettre à la Grande-Bretagne de retrouver la souveraineté. L’UE dispose de bien trop de pouvoirs. Les lois européennes priment les lois locales, tout comme la plupart des décisions de la justice européenne. Le Royaume-Uni ne peut pas signer des accords commerciaux de manière indépendante puisque ces derniers doivent intégrer l’ensemble des pays de l’UE. Sortir de l’UE lui permettrait de retrouver son autonomie et de reprendre en main sa destinée
Bruxelles impose trop de régulations et de paperasse, avec un coût pour l'économie. Selon une étude de Open Europe, le coût des 100 régulations les plus contraignantes s'élève à 33,3 milliards de livres par an à la charge de la G.B. 

 Boris Johnson a créé et gonflé des dizaines d’euro-mythes. Le bus à deux étages risque d’être interdit! Nos chocolats n’ont pas assez de cacao et vont devoir s’appeler «vegelate»! Les enfants vont être interdits de distribuer les journaux! Sans oublier qu'il a affirmé que l'UE interdisait de vendre des régimes de bananes qui dépassent 3 unités. 

Lors de son débat, face au nouveau maire de Londres, le travailliste Sidiq Khan, Boris Johnson évoquait la nécessité de reprendre le contrôle de la démocratiek fondement de la prospérité, son contradicteur lui a objecté : " Boris, tu devrais avoir, près d'un demi-million d'emplois à Londres sont directement dépendants de l'UE". 


Selon Boris Johnson, ancien maire de Londres, Conservateur, qui n'a reculé devant aucune outrance durant cette campagne nauséabonde a affirmé sans rire : "L'histoire européenne est jalonnée de tentatives de retrouver l'âge d'or de la paix et de la prospérité de l'ère romaine. Napoléon, Hitler, plusieurs personnes ont essayé de le faire, et cela s'est terminé de manière tragique. L'Union européenne est une autre tentative avec des méthodes différentes." Ce genre d'arguments diffamatoires pour l'UE est facile à réfuter. L'UE n'a jamais envisagé de conquérir par la guerre et certainement de faire de la discrimination raciale un élément fondateur de sa politique


3. La contribution britannique au budget de l'UE ou "I want my money back".


Autre argument des partisans du Brexit. Après la souveraineté des frontières et législative récupérer la souveraineté budgétaire en cessant de payer sa contribution au budget de l'UE ce d'autant que la Grande-Bretagne est contributeur net, c'est-à-dire, qu'elle paie plus qu'elle ne reçoit. 


En 2014, le Royaume-Uni versait 18 milliards d’euros au budget de l’UE ce qui représente 9,77% du budget de l'UE. Il est le 4ème contributeur au budget de l'UE en valeur absolue derrière l'Allemagne, la France et l'Italie. Cela représente selon Boris Johnson 350 millions de livres par semaine, ce qui est exact. 

La Grande-Bretagne dispose d'un reversement communautaire de l'ordre de 4 milliards d'€ payé par an, obtenu depuis 1984, lors du Sommet de Fontainebleau, par Margaret Thatcher, Premier Ministre, payé par les 27 dont la France est le premier contributeur à hauteur d'1,6 milliard d'€. 

Donc, la GB verse un solde net de l'ordre de 14 milliards d'€ par an. 

En échange, en 2014,  la Grande-Bretagne était le 7ème pays bénéficiaire de l'UE et recevait 6,570 milliards d'€. En conséquence, la GB perd environ 7 milliards d'€ par an par rapport à ce qu'elle verse. 

Cette situation s'explique par la situation spécifique de la GB qui bénéficie peu de la PAC qui a été longtemps la principale politique commune de l'UE et est surtout bénéficiaire d'aides régionales, le FEDER (Fonds Européen de Développement Régional) ayant été créé à sa demande en 1975 afin d'aider à reconvertir les régions en déclin industriel. 

D'une manière générale, il faut bien comprendre que la situation budgétaire des Etats-membres varie dans le temps. La France jusqu'en 1970 a été un pays qui bénéficiait des transferts européens (la PAC) avant de manifester sa solidarité  à l'égard des nouveaux pays qui étaient pauvres (Espagne et Portugal en 1986) et les 10 nouveaux Etats-membres le 1er mai 2004 ( en 1995 la Suéde, Finlande et Autriche présentaient un solde budgétaire net versant plus qu'ils ne recevaient). 

Le budget de l'UE n'est pas un système où l'on vient pour gagner de l'argent, mais pour développer les pays en retard de développement grâce aux transferts financiers payés par les pays les plus riches dans l'intérêt de l'UE dans son ensemble. 

 Les Européens ont accordé vendredi 7 novembre à la Grande Bretagne la possibilité de différer après les élections générales de mai 2015 le paiement d'une rallonge de 2,1 milliards d'euros au budget européen pour 2014.

Conclusion provisoire. 

En définitive, le 23 juin 2016, les Britanniques qui ont participé au référendum ont procédé à un vaste exercice de psychanalyse consistant à savoir quelles relations ils entretiennent avec le monde, l'UE, et le sol anglais. Ce résultat est l'expression d'un peuple qui doute de lui-même se replie sur ses fondamentaux et choisi de devenu une île solitaire qui entend souverainement tisser ses nouveaux liens avec l'Union européenne. 

2ème partie. LES CONSEQUENCES DU BREXIT : ILLUSIONS ET REALITES.